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AS/400 à Power Systems : 30 ans d’évolution technologique

Rédigé par Francois Desjardins | 20 juin 2018 11:57:00

C’est en 1988 que l’entreprise américaine IBM lançait son serveur qui allait révolutionner le monde des affaires et faire entrer un grand nombre d’entreprises dans l’ère informatique : l’AS/400. Commercialisé aujourd’hui sous le nom Power Systems, le serveur emblématique fête déjà ses 30 ans !

Retour sur l’émergence et la mondialisation d’une technologie novatrice qui, aujourd’hui, permet à des centaines de milliers d’entreprises d’accomplir des petits miracles partout sur Terre, et même sous l’eau et dans le firmament.

 

L’origine du AS/400 

Avant de concevoir l’AS/400, IBM avait misé sur deux plateformes pour combler les besoins informatiques des petites, moyennes et grandes entreprises : le System/38, pour la grande entreprise et plus complexe, mais offrant de grandes possibilités d’expansion, et le System/36, plus conventionnel et plus simple d’utilisation pour la plus petite et moyenne entreprise.

Afin de protéger l’investissement initial de leurs clients — le coût d’achat des plus petits systèmes s’élevait à quelque 100 000 $ — et d’unifier ces technologies utilisées depuis le début des années 80, IBM planche sur l’élaboration d’un système simple d’utilisation et hautement évolutif. Le premier modèle AS/400 voit le jour le 21 juin 1988.

Abréviatif d’Application System/400, il aurait dû se nommer System/40 pour être la suite logique de ses prédécesseurs. Ce changement d’appellation vise à démontrer que ce nouveau serveur est plus évolué que les anciens modèles, sans pour autant représenter une technologie complètement différente.

Le premier modèle, B10, ne possède que 1 CPW de puissance  (unité de performance utilisée pour comparer les différents modèles) et possède à la base que 4 Mo de mémoire. Peu de temps après, la mémoire et la puissance augmentent considérablement afin de répondre aux besoins des entreprises. Bien que son efficacité n’ait rien à voir avec celle des technologies actuelles, le système est à l’époque l’un des plus rapides offerts sur le marché.

Les clients fidèles au System/36 et 38 minimisent ainsi les déboursés pour transférer leurs données sur le nouveau serveur. Ce dernier offre toutefois de nouvelles applications plus performantes, à l’image de l’évolution des besoins et de la réalité des entreprises.

Encore aujourd’hui, quelques-uns de nos clients fonctionnent encore en mode System/36 sur leurs serveurs Power. Cette durabilité est impressionnante dans un environnement où les machines et les systèmes d’exploitation changent chaque année et où de nouveaux processeurs sont mis en marché chaque mois.

Du point de vue de la rentabilité sur investissement, IBM demeure aujourd’hui un leader.

 

TIMI : un ensemble d’instructions novateur explique la longévité d’AS/400

Au fil des années, IBM a cherché à renforcer le rendement sur investissement du système AS/400. L’une des caractéristiques ayant le plus contribué à sa longévité est son ensemble d’instructions de haut niveau TIMI (Technology Independent Machine Interface). Cette couche entre le matériel et le logiciel (Middleware) permet aux programmes d’applications de profiter des avancées matérielles et logicielles sans reprogrammation.

En d’autres mots, peu importe le processeur utilisé, TIMI permet la conversion et la reconnaissance entre les instructions matérielles et logicielles, assurant l’indépendance du matériel.  Les applications deviennent ainsi compatibles avec les fichiers binaires des différentes versions de processeurs Power.

Contrairement à d’autres architectures de machines virtuelles dans lesquelles les instructions virtuelles sont interprétées lors de l’exécution, les instructions créées par TIMI ne sont jamais interprétées. Situées entre le système logiciel et le système matériel, elles constituent une étape de compilation intermédiaire et sont créées lors de l’étape de compilation finale.

C’est ainsi que les objets d’application compilés sur une famille précédente des processeurs peuvent être déplacés vers un nouveau processeur sans recompilation. Une application enregistrée à partir de l’ancienne plateforme 48 bits a pu simplement être restaurée sur la nouvelle plateforme 64 bits, où le système d’exploitation supprime les anciennes instructions-machine et crée à nouveau les instructions à partir de TIMI en instructions 64 bits pour le nouveau processeur.

Contrairement aux autres plateformes offertes sur le marché, TIMI permet de ne pas avoir à réécrire le code source à chaque mise à jour.

 

De nouvelles appellations pour rajeunir l’image d’IBM

Devant la domination d’IBM, vers l’année 1997, les compétiteurs n’ont pas tardé à réagir et à pointer du doigt l’âge de la machine qui semblait être la même depuis plus de neuf ans. Pourtant, la technologie derrière le système évoluait à un rythme fulgurant, tout en permettant aux clients de protéger leur investissement.

Afin de casser cette image vieillotte, la direction décide de changer le nom de la plateforme. En 2000, AS/400 est rebaptisé iSeries, puis IBM System i5. En 2008, près de 20 ans après leur introduction, les gammes System i et System p sont combinées en une nouvelle gamme de produits appelée IBM Power Servers.

Cette nouvelle gamme offre notamment la possibilité de rouler plus qu’un seul système d’exploitation sur la machine, et ce, simultanément. Ainsi, le système actuel Power 9 peut supporter des partitions I5/OS, Linux, AIX ou Virtual IO Server. Différentes licences Linux s’installent gratuitement sur le système, ne nécessitant que des frais de support.

Afin de devenir compétitif aux solutions sur x86, IBM décide aussi de modifier la facturation de ses clients en fonction de la grandeur de l’entreprise. Un prix de base est donné au processeur, auquel s’ajoute un montant selon le nombre d’utilisateurs qui utiliseront le serveur.

 

Conclusion

30 ans après la mise en marché du AS/400, IBM demeure à la fine pointe de la technologie. Les grandes innovations de la génération Power 9 sont plus que jamais alignées sur les besoins d’affaires des entreprises tant au niveau du Cloud, de l’intelligence artificielle que de l’intelligence d’affaires.